
Il est minuit 19, j’ai envie d’écrire. Flash-back. //Jeudi après-midi, sous une pluie dense, je traverse la ville sur 2 roues à la recherche d’un emploi. Il parait que ce soir c’est la fête. Je suis en retard, comme d’habitude. Aucune importance, ce soir c’est la fête. Après une entrevue inutile et inappropriée, le chemin du retour m’attend. Le bitume défile, je m’ennuie, je songe à l’éventualité d’un accident. Il ne se passe rien. Ma soeur m’interpelle, une 106 blanche m’attend. Mon sac dans le coffre. Ce soir c’est la fête. Quelques visages bien connus, d’autres beaucoup moins. Bonsoir tout le monde. Le temps défile, je m’ennuie, je ne parle pas, je suis seul. Aucune importance, je n’ai pas envie, quelque chose manque. Je lui dis, il n’est pas ravi mais j’annonce une meilleure suite. Il parait que ce soir c’est la fête. Il est temps. Je suis là. Les substances font leur effet, je deviens ce que je peux être. Encore et toujours plus, toujours plus près de la limite. Cette limite que je ne franchirai pas, je le sais. Ma musique, enfin. Là où je suis, il y a du bruit, des lumières. Là où je suis, je ne suis plus seul. Je suis parfait, il le sait. Tant de choses se passent. Quelques oublis. C’est la première fois. 7h11 : il est temps de dormir, le délai est minime. La « nuit » est si courte, le réveil est difficile. Il ne se passe presque rien. Au revoir tout le monde, une 106 blanche m’attend. Je suis « chez moi ». Je ne veux pas. Je donne un cours. Mathématiques. Je m’ennuie. Un train m’attend, je l’attends. Un autre m’attend. Je m’assois. Départ. Je ferme les yeux, j’entends du bruit, j’entends des voix, je m’y crois presque. Mais non. 800 km plus loin, l’arrivée. Une nuit. Une matinée. Les pièces du puzzles s’assemblent doucement. Je hais l’instant. Je suis seul, je le sais. Je n’ai pas envie, quelque chose a changé. Mais plus que jamais, je sais. Je sais qui, je sais quoi, je sais pourquoi. Mais je ne sais pas comment. Je me souviens qu’il a trop bu. Je me souviens qu’elles étaient là. Je me souviens qu’ensemble, nous sommes les meilleurs. Je me souviens que j’ai rarement vécu aussi bon.// Mardi, m’attend. Je n’ai pas envie. Bientôt fini mais insupportable. Tout comme cet écrit. Inutile? Non. Je ne veux plus oublier. Seul ou non, lu ou non, aucune importance. Allons-y. Parce qu’ensemble nous sommes les meilleurs. Il est 2 heures 15, j’avais besoin d’écrire. Tchou tchou fait le train.